Eazy Islam

pratique et pacifique, tel qu’il est … naturellement

Apprendre l’Arabe – les 1000 vers d’Ibn Mâlik

traduction et explication en cours de l’oeuvre très connue d’Ibnou Mâlik, par Abuhaamed qui en ajoutera au fur et à mesure qu’il avance

Les mille vers d’Ibnou Mâlik

 

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

 J’ai voulu présenter aux non arabophones une explication complète et succincte en même temps de l’un des plus importants livres de la langue arabe.

J’ai repris le texte arabe, et expliqué l’essentiel, sans trop m’approfondir sur les cas de figures, pour une première approche. Dans un second stade, je la reprendrai plus en détail, en se basant sur l’explication d’Ibno ‘Aqil, qui reste quand même l’une des plus répandues dans le monde de la littérature.

 

Introduction :

مقـدمـة الناظم

 

1) قَالَ مُحَمَّدٌ هُـوَ ابْنُ مَـالِك                أَحْمَدُ رَبِّي اللهَ خَيْـرَ مَالِكِ

2) مُصَلِّياً عَلَى النَّـبيِّ الْمُصْطفَى                 وآلِهِ المُسْتكْمِلِيـنَ  الشَّرَفَا

3) وَأَسْتعِيـنُ اللهَ فِـي ألْفِيَّـهْ                        مَقَاصِدُ النَّحْوِ بِـهَا  مَحْوِيَّهْ

4) تُقَرِّبُ  الأقْصى بِلَفْظٍ مُوجَزِ             وَتَبْسُطُ الْبَذْلَ  بِوَعْدٍ مُنْجَزِ

5) وَتَقْتَضي رِضاً بِغَيـرِ سُخْطِ             فَائِقَةً ألْفِيَّـةَ ابْنِ مُعْطِـي

6) وَهْوَ بِسَبْقٍ حَـائِزٌ  تَفْضِيلاَ                     مُسْتَوْجِبٌ ثَنَائِـيَ الْجَمِيلا

7) واللهُ يَقْضِي بِـهِبَاتٍ وَافِرَهْ                     لِي وَلَهُ في دَرَجَاتِ الآخِرَهْ

Dans ces sept vers, après s’être présenté comme étant Mohamad Ibno Mâlik, relativement à son grand père Mâlik, sinon son père c’est Abdo Llah (vers 1) , l’auteur parle de choses habituelles d’ouverture, telles que la louange à Allah et la prière sur son prophète et ce qui s’en suit (1 et 2). Puis il a précisé que ce travail a pour but de rapprocher et se simplifier la compréhension de la langue arabe (3 et 4). Il a aussi fait allusion a ceux qui l’ont précédé dans ce travail tel qu’Ibnou Mo’Ti, et n’a pas manqué de prier pour lui aussi (5, 6 et 7).

 

Chapitre 1 : Le langage et ses composantes

 

الكلام وما يتألف منه

 

8) كَلامُنَا لَفْظٌ مُفِيدٌ كاسْتَقِمْ                وَاسْمٌ وَفِعْلٌ ثُمَّ حَرْفٌ الْكَلِمْ

9) واحِدُهُ كَلِمَةٌ والقَوْلُ عَمْ                 وَكِلْمَةٌ بِهَا كَلاَمٌ قَـدْ يُـؤَمْ

La langue française est composée de phrases, qui sont composées de mots, qui sont composés des lettres de l’alphabet. Ceci est le cas de la plupart des langues qui sont basées sur un alphabet, contrairement aux autres qui ne sont qu’une multitude de symboles attachés entre eux pour construire des phrases.

L’arabe a un alphabet qui contient

* 29 consonnes,

* 4 voyelles simples :

- Al fatHa qui est représentée par un petit trait oblique sur la lettre َ  telle que  بَ, qui se lira ba

- ADDammah qui est représentée par un petit 9 penché au dessus de la lettre ُ tel que بُ qui se lira bo

- Al kasrah qui est représentée par un petit trait oblique mais cette fois ci en dessous de la lettre ِ tel que بِ qui se lira bi

- Assokoune, qui est représenté par un petit rond au dessus de la lettre ْ, ce qui correspond par exemple à بْ qui se lira b.

* 3 dédoublées qui correspondent aux trois précédentes mais écrites deux fois : ً, ٌ, ٍ  ce qui donne باً, بٌ, بٍ  et qui sera lu bane, bone et bine comme si le dédoublement correspondait à ajouter un « ne » dans la prononciation. Et c’est pour cette raison que le dédoublement de la voyelle est appelé (تنوين) tanouine.

* et 3 allongées qui sont ا , و , et ي qui jouent un double rôle suivant qu’elles sont précédées par les voyelles correspondantes ou non. Pour la première il n’y a pas de problème puisqu’elle est toujours précédée par la voyelle correspondante qui est la fatha, sauf si elle est au début du mot. Quand aux deux autres, soit que le waw (و) est précédé de la Dammah, et dans ce cas il joue le rôle de la voyelle allongée, c’est-à-dire que la lettre sera plus longue dans la lecture, soit non et dans ce cas là il sera lu comme une lettre normale (wa, wo, ou wi). Par exemple si on a la lettre b avec une Dammah suivie de la lettre waw (بُـو), on lira non pas bo mais boo. De même que si on a la lettre b avec la voyelle kasrah suivie de la lettre ي, ce qui s’écrirait (بِـي) et qui sera lu bii et non pas bi.

 La particularité de l’arabe est que les voyelles se mettent soit au dessus soit au dessous des consonnes, sauf pour l’allongement où la voyelle est écrite après la lettre à allonger.

On peut dire que la lettre arabe est composée de trois parties :

le corps de la lettre qui représente la forme générale  de la lettre, telle que ح par exemple,

la ponctuation de la lettre qui peut être soit un, deux, ou trois points en haut, ou soit un, ou deux points en bas de la lettre, tel que la lettre jime ج qui est pareil que la lettre Haa (le h expiré) mais avec un point en bas en plus,

la voyelle qui peut être soit en haut, tel que جَ qui correspond en français à la lettre j et la voyelle a après elle, de telle sorte que pour composer « ja », je dois écrire la lettre ج et mettre la voyelle fatHa َ au dessus, soit en bas de la lettre جِ pour en faire « ji » comme ceci ِج  .

 

A partir de l’alphabet on compose les mots et les phrases à partir des mots.

كَلامُنَا : Notre langue -al kalam- (c’est-à-dire nous les grammaticaux), contrairement aux linguistiques qui le définissent autrement.

لَفْظٌ : est définie comme étant une parole composée de lettres parlées (arabe). Cela exclut évidemment l’écriture, le signe, que ce soit par les doigts, la tête ou toute autre partie du corps.

مُفِيدٌ : qui a un sens, de telle façon qu’il est possible de s’y arrêter, sans que l’interlocuteur attende autre chose et se suffit de ce qu’il a entendu.

كاسْتَقِمْ: comme la phrase composée de deux mots :

1-    اسْتَقِمْ  : qui est apparent

2-     أنْتَ : qui est caché obligatoirement

Et qui veut dire : sois correct (toi)

Cette langue est composée de trois éléments principaux, à savoir :

وَاسْمٌ : et le nom (Ism) est un mot qui a un sens bien spécifique, sans qu’il y ait aucune relation avec le temps, tel que chaise كُرْسِيٌّ qui désigne quelque chose de bien définie, sans qu’il y ait intervention du facteur temps, c’est-à-dire que la chaise est chaise et en restera une, quel que soit le temps.

وَفِعْلٌ: et le verbe (Fi’l) qui est un mot qui désigne un sens bien précis, ici une action, avec présence du facteur temps. Par exemple le verbe آمَنَ (croire) veut bien dire que la croyance émanant de celui qui l’a faite a bien été faite dans le passé.

ثُمَّ حَرْفٌ : ensuite al harf (lettre) (qui peut être une conjonction ou une préposition par exemple) est un mot qui n’a pas un sens spécifique à lui, mais son sens est inclus dans un autre mot (généralement celui qui le suit). Par exemple le mot فِي  peut avoir le sens de : dedans, ou bien celui de : sur, suivant le contexte de la phrase. En effet dans le verset 2/10 Allah dit : فِي قُلُوبِهِم مَّرَضٌ Il y a dans leurs cœurs une maladie (de doute et d’hypocrisie), où le sens est dans, alors que dans le verset 20/71 : النَّخْلِ جُذُوعِ فِي وَلأُصَلِّبَنَّكُمْ et vous ferai crucifier aux troncs des palmiers, c’est-à-dire sur les troncs, et non pas à l’intérieur.

Après avoir parlé des différents éléments constitutifs de la langue, il a commencé à parler d’un autre type d’élément, à savoir le groupement de plus de trois mots, que ce soit avec sens ou pas.

الْكَلِمْ : Al kalim est l’ensemble constitué de trois mots ou plus, avec signification bien déterminée ou non, contrairement au Kalam qui lui se compose de deux mots ou plus, mais ayant nécessairement une signification bien déterminée. Ainsi le groupe de mots : النَّخْلِ جُذُوعِ فِي  est un kalim, mais n’est pas un kalam, puisqu’il est bien composé de trois mots mais n’a pas de sens.

واحِدُهُ كَلِمَةٌ : Le mot kalim est un nom qui désigne un sens pluriel, et on en constitue son singulier en lui ajoutant la lettre (ة) à sa fin, pour donner en fin de compte كَلِمَةٌ (kalimah), qui veut dire mot. Ainsi le nom (Ism) est kalimah, de même que le verbe (Fi’l) n’est kalimah de même que le Harf.

والقَوْلُ عَمْ : Al qawl (dire) est plus général, et désigne l’un ou l’autre de tous ses éléments précités. Ainsi le kalam est un qawl, de même que le kalim, de même que le kalimah et ainsi de suite.

وَكِلْمَةٌ بِهَا كَلاَمٌ قَـدْ يُـؤَمْ : la kalimah peut aussi dire un kalam ou même une causerie. Par exemple dans le verset 23/100 où Allah dit : قَائِلُهَا كَلا إِنَّهَا كَلِمَةٌ هُوَ Non, c’est simplement une parole qu’il dit, où la parole (kalimah) est tout ce qui a été dit dans le verset 100 juste avant le mot « Non » et une partie du verset 99 où c’est dit:  [99] … Puis, lorsque la mort vient à l’un deux, il dit: « Mon Seigneur! Fais-moi revenir (sur terre), [100] afin que je fasse du bien dans ce que je délaissais ».

 

Signes du nom :

10) بالجَرِّ وَالْتَّنْوِيـنِ وَالنِّدَا وَأَلْ         وَمُسْنَدٍ لِلاِسْمِ تَمْيِيـزٌ حَصَلْ

Dans ce vers, Ibno Mâlik a commencé à donner les signes du premier type des principaux mots de la langue, à savoir le nom, et donnera dans les vers suivants les signes des autres mots.

Ces signes permettent de reconnaître si le mot est bien un nom ou pas. Ils sont donc réservés au nom, et si on veut savoir si un mot est bien un nom ou pas, de deux choses l’une : soit que l’un ou plusieurs des signes apparaît déjà  sur le mot et on déclare qu’on a bien affaire à un nom, soit qu’aucun de ces signes n’apparaît sur le mot, et dans ce cas il faut essayer de lui adjoindre l’un d’entre eux et voir s’il l’accepte ou pas. Dans le cas où il l’accepte on reconnaît que c’est bien un nom sinon non.

Par exemple : les mots  لِلَّه،ِ رَبِّ، الْعَالَمِينَ الْحَمْد، ُsont tous des noms comme on verra par la suite, puisque chacun d’entre eux contient soit un, soit deux de ces signes que l’auteur va commencer à énumérer :

 

بالجَرِّ : ça c’est le premier signe qui est la kasrah qui apparaît (ou n’apparaît pas) à la fin du mot, sans se soucier de son origine. On verra qu’il y a trois éléments actifs qui font que le nom  prenne une kasrah à sa fin. Pour le moment on ne s’occupe que de la distinction entre les différents types de mots, et les autres choses viendront en leur temps. Par exemple le mot السَّمَـاءِ est bien un nom, puisqu’il contient la kasrah.

وَالْتَّنْوِيـنِ : c’est une noune (ن) dotée d’un sokoune qui vient à la fin du mot au niveau de la prononciation seulement, et non au niveau de l’écriture, à part celle qui se trouve dans le renforcement (التوكيد). Elle est représentée par un dédoublement de la voyelle tels que dans le mot كِتابُُ ُ, et le mot هُدىً du verset 2/2.

وَالنِّدَا: le troisième signe est le fait de pouvoir appeler un mot par l’un des huit éléments d’appel, dont يَا. En effet on ne peut appeler que des noms, comme par exemple dans le verset 43/77 : يَا مَالِكُ où le premier mot يَا sert pour l’appel, comme Ô en français, et le deuxième mot مَالِكُ est le nom appelé. Ainsi si on veut s’assurer qu’un mot est bien un nom, on essaye de l’appeler par يَا par exemple, et si ça marche alors on a bien affaire à un nom. On reviendra sur ses choses là dans les leçons spécifiques, comme par exemple l’appel, qui va être une leçon à part, mais pour le moment ce qui nous intéresse, c’est d’être en mesure de reconnaître le nom, et de le distinguer des autres mots.

وَأَلْ: le quatrième signe est le fait d’accepter أَلْ, en ce sens que si le mot soit contient soit accepte le أَلْ, il est par conséquent nom. Par exemple le mot رَحْمن dans la fatiha est bien un nom puisqu’il contient أَلْ en son début, car il y est écrit avec الرَحْمَنِ. Il faut distinguer entre le أَلْ qui correspond à l’article défini en français et le أَلْ qui correspond à celui (ce qui est très rare), il s’agit ici du premier et non du second. On éclairera mieux cela en temps opportun lorsqu’on étudiera chaque chose dans une leçon à part.

وَمُسْنَدٍ: le dernier signe est le fait de pouvoir rattacher à un mot une qualité ou une action, alors dans ce cas on dit que ce mot est bien un nom, puisqu’on ne peut rattacher de telles choses à autre que le nom. Par exemple dans le verset 79/45 :    مُنْذِرُ إِنَّمَا أَنْتَ , Tu n’es que l’avertisseur , le mot أَنْتَ est bien un nom puisqu’on lui a rattaché l’action d’avertir, et que c’est donc un avertisseur, donc un nom.

لِلاِسْمِ تَمْيِيـزٌ حَصَلْ : veut dire que le nom se reconnaît à l’un ou plusieurs des signes précités.

 

Signes du verbe :

 

11)        بتَا فَعَلْتَ وَأَتَتْ وَيَا افْعَلـِي              وَنُونِ أقْبِلَنَّ فِعْـلٌ يَنْجَلِـي

 

بتَا فَعَلْتَ : le verbe quant à lui se reconnaît par le fait d’accepter la lettre تَ à sa fin, laquelle lettre est celle qui représente celui qui a fait l’action décrite par le nom auquel s’est attachée cette تَ. Par exemple dans le verset 26/19 : وَفَعَلْتَ, Puis tu as commis, le mot فَعَلْ est bien un verbe, puisqu’il a accepté le تَ à sa fin.

وَأَتَتْ: veut dire par là et le ت avec le sekoune qui représente celle qui a fait l’action, est aussi un signe du verbe, en ce sens que si le mot le porte ou l’accepte est bien un verbe. Par exemple le mot قَالَ  dans le mot قَالَتْ dans le verset 19/20 : قَالَتْ رَبِّ أَنَّى يَكُونُ لِي غُلامٌ Elle dit: « Comment aurais-je un fils, est bien un verbe puisqu’il accepte le تْ.

وَيَا افْعَلـِي : le ي qui vient à la fin du mot ordonnant au sujet féminin de faire une action, tels que les mots: كُل, اشْرَب, قَرَّ, dans le verset 19/26 : وَقَرِّي فَكُلِي وَاشْرَبِي, Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse!  est le deuxième signe du verbe. En effet كُلِي  veut dire mange pour le féminin, tandis que كُلْ est pour le masculin, et la seule difference est justement ce ي à le fin du mot. Il en est de même pour les deux autres mots اشْرَبِي  et قَرِّي qui sont aussi des verbes pour la même raison.

وَنُونِ أقْبِلَنَّ : le troisième signe est le fait d’accepter le noune appuyée à sa fin, tel que le mot لَيُسْجَنَنَّ, ou non, tel que le mot لَيَكُوناً  qui existent dans le verset 12/32 et qui signifient que l’action est confirmée à l’aide du noune appelé (نون التوكيد).

فِعْـلٌ يَنْجَلِـي : voulant dire par là que le verbe est reconnu grâce à ces indices précités.

 

Signes du harf :

… à continuer bientôt incha Allah …

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