Eazy Islam

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Ibnou QAYYIM, les sentiers des itinérants

Tiré du livre « Les sentiers des itinérants » (commentaire des principales étapes spirituelles d’al-Ansârî) d’Ibn Qayyim al-Jawziyya – traduit de l’arabe par Muhammad al-Fatih, éditions Universel, 2004    

Chapitre « la repentance des gens du commun et ses dégâts aux yeux des gens de l’élite »  

L’auteur des Manâzil dit: « La repentance des gens du commun consiste pour eux à ne voir que la multiplication des actes d’obéissance, ce qui incite à nier le bienfait de la préservation et du répit accordés par Dieu en leur faveur, à croire qu’on a un droit sur Lui et à avoir le sentiment de se passer de Lui. »  

Pour les gens de l’élite, la repentance des gens du commun est défectueuse et imparfaite car leur repentance consiste à ne voir que la multiplication des bonnes actions et des actes de désobéissance qu’ils accomplissent. Or cela comporte selon les gens de l’élite trois sortes de dégâts.  

- Le premier, c’est que les bonnes actions qu’ils accomplissent sont en fait des mauvaises actions pour les gens de l’élite. On dit même que les bonnes actions des hommes bons sont des méfaits chez les gens rapprochés. Et les gens du commun ont besoin de se repentir de la vision de ces bonnes actions.   En effet, en raison de leur insouciance quant à leurs défauts, de la vision qu’ils ont de ces bonnes actions et de l’attachement qu’ils accordent à leur importance, ils nient le bienfait de la préservation de Dieu et du répit qu’Il accorde, comme Il le fait avec les auteurs des péchés manifestes. Mais ces derniers reconnaissent Sa préservation et Son répit tandis que les premiers les nient. Ceci parce qu’ils concentrent leurs ambitions sur la multiplication des bonnes actions sans se pencher sur les défauts de l’âme et de l’oeuvre, sans scruter leurs pièges et sans voir ce qui les pousse à en demander davantage, c’est la considération et l’admiration qu’ils ont pour ces bonnes actions.   Du reste, s’ils se mettaient à les scruter, à exiger des comptes à l’âme à leur sujet et à distinguer entre les parts et la vérité qu’elles renferment, cela les occuperait suffisamment pour ne plus chercher que leur multiplication.   Si tu veux bien comprendre la part des choses comme il le faut, regarde bien ta façon de lire le Coran: si au cours de ta lecture tu négliges ce qu’elle t’exige comme concentration, réflection, intellection, compréhension de ce que chaque verset veut dire de ta part personnelle dans l’économie du Discours divin à travers ce verset et sa saisie comme remède pour ton coeur, tu verras comment tu parviens facilement à venir au bout de la récitation intégrale ou partielle du texte coranique en ne retenant que l’ampleur et le volume de ta lecture.   Mais si tu t’imposes au cours de ta lecture l’obligation de réfléchir, de méditer, de connaître les sens, d’examiner ce qui t’intéresse personnellement pour ton adoration et de t’en servir comme remède pour ton coeur, tu verras que tu ne pourras ps facilement passer d’un verset au suivant et encore moins d’une sourate à l’autre.   Il en va de même lorsque tu te concentres tout ton coeur pour accomplir deux rak’a de prière auxquelles tu accordes tout ce que tu peux apporter comme présence, recueillement et vigilance, tu verras que tu ne pourras en faire davantage que très péniblement. Bien entendu, si le coeur est vide de tout cela tu pourras égrener les rak’a sans compter. Donc, chercher à multiplier les actes d’obéissance sans considérer leurs méfaits et leurs défauts pour s’en repentir, voilà ce qui caractérise la repentance des gens du commun.  

- Le deuxième dégât, c’est que leur auteur estime en son for intérieur qu’il a un droit sur Dieu pour qu’Il le récompense pour ses bonnes actions en lui accordant les jardins du Paradis, les béatitudes et la félicité. Voilà pourquoi il estime que ses bonnes actions sont nombreuses malgré son insouciance à l’égard de ses oeuvres.   Pourtant, il doit savoir que sans le pardon de Dieu, sans Sa grâce et Sa miséricorde, les oeuvres des habitants des deux mondes ne permettent pas de les faire entrer au Paradis et de les sauver de l’Enfer, et que personne ne sera sauvé de l’Enfer à cause de ses oeuvres.  

- Le troisième dégât, c’est qu’ils ont le sentiment qu’ils peuvent se passer du pardon et de l’ablution de Dieu en constatant leurs mérite, bénéficier du pardon et de la récompense escomptée à cause de leurs bonnes actions et leur obéissance. Leur prétention à pouvoir gagner le salut et la rétribution grâce à leur obéissance et le fait d’estimer qu’ils font beaucoup de bonnes actions considérables à leurs yeux, montrent qu’ils sont enclins à se passer du pardon de Dieu et de Son ablution, ce qui constitue le comble de la tyrannie et de l’impudence à oser se mesurer avec Dieu.  

Nul doute que les simple accomplissement des oeuvres extérieures qu’exécutent les membres, sans présence ni vigilence ni attachement à Dieu peut renfermer ces trois sortes de dégâts et bien d’autres. Sans compter qu’en lui-même ce genre d’accomplissement est de peu d’utilité dans le bas monde et dans la vie future. En plus, il exige beaucoup d’effort. Ce genre d’oeuvres est similaire aux oeuvres observées sans respect de l’ordre et sans sincérité envers Celui qui est adoré. En effet, même nombreuses, ces oeuvres sont harassantes et inutiles.

Ainsi donc, l’oeuvre extérieure et superficielle est assimilable aux résidus de la mouture qui paraissent volumineux et qui sont en fait de peu d’utilité. En effet, Dieu ne retient, par exemple, de la prière de son serviteur, ce qu’il en retient lui-même.

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