Eazy Islam

pratique et pacifique, tel qu’il est … naturellement

Touchez du Mushaf

(Note: Mushaf = Coran imprimé sur papier) 

Tout d’abord, cet article n’est pas destiné aux gens qui délaissent le coran et la sunnah, et suivent aveuglément leurs chouyoukhs (savants) , sous prétexte que ces derniers connaissent bien le Qur’ân et la Sunnah, et par conséquent, les suivre équivaudrait en réalité à suivre le Qur’ân et la Sunnah.

Ceci n’est pas vrai en islam, car en fait, on est tenu de ne suivre que le Prophète  ,et seulement lui, puisqu’il est le seul Messager ;

Ceci est dit dans le Qur’ân, Sourate 3 verset 31 :

 

[31] Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux

 

Et dans la Sourate 59 verset 7 :

 

[7] …Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en ; et craignez Allah car Allah est dur en punition.

 

Et dans la Sourate 24 verset 63 :

 

[63] qu’ils prennent garde ceux

qui ne suivent pas l’ordre du Prophète , qu’ils soient atteints par une tentation (fitna) ou bien qu’il les atteint un grand châtiment.

 

Ce n’est pas comme les chrétiens qui suivent aveuglément leurs prêtres, et les juifs qui suivent aveuglément leur rabbins, comme il a été dit dans le Qur’ân, au verset de la Sourate Tawba : ils ont pris leurs prêtres et rabbins comme dieux et non pas Allah (parce

qu’ils les suivaient aveuglément comme l’a expliqué le Prophète  à ‘Adiy Bnou Haatim)

Cet article s’adresse principalement aux femmes, qui quand elles se posent la question sur la possibilité de toucher le mushaf (Qur’ân sur support papier) pendant les menstrues, se trouvent confrontées à presque une seule réponse : il est interdit de le toucher.

La deuxième étant préconisée par une catégorie de savants – très généreux d’ailleurs – qui lui permettent – tout de même -de le lire, mais sans le toucher ; et qui veulent savoir ce que disent le Qur’ân et la Sunnah à ce propos, et non ce que disent les chouyoukhs.

 

Il faut dire que j’ai toujours été intrigué par ces réponses, que je n’ai jamais acceptées d’ailleurs, tellement qu’elles me paraissaient illogiques, contraires aux fondements  de base de l’islam, lourdes de pratique – surtout la seconde, qui permet la lecture sans le

toucher – et dénuées de toute assise scientifique. Et ceci est d’autant plus vrai, que cela prive la femme – et pendant une partie assez importante de sa vie – d’être en contact avec la parole de son seigneur, et ceci au moment où elle en a grand besoin, c’est-à-dire

lorsqu’elle ne peut pas prier et ne pas jeûner. Ceci contrarie totalement les recommandations de l’islam, aussi bien dans le Qur’ân que dans la Sunnah, et il suffit

juste de savoir qu’Allah  dit dans le verset 41 de la Sourate 33 :

 

[41] Ô vous qui croyez! Evoquez Allah d’une façon

abondante, pour s’en rendre compte.

 

Beaucoup plus que cela, cela caricature l’islam d’une façon assez marrante, et ceci lorsqu’on voit la femme se doter de petits bâtonnets, pour éviter de toucher le

mushaf, lorsqu’elles tournent les pages, donnant ainsi l’aspect qu’elles prennent leurs précautions pour ne pas se salir du toucher du mushaf, et pas le contraire,

comme le laissent sous-entendre nos fameux savants.

 

L’étude se fera donc suivant deux niveaux :

 

1- ceux qui autorisent de lire le Qur’ân sans le toucher

2- ceux qui interdisent de toucher et lire le Qur’ân

 

Avant de commencer la discussion proprement dite, nous allons tout d’abord poser le problème de façon claire et complète, et ensuite commencer la recherche des preuves dans le Qur’ân et la Sunnah, qui lui sont relatives.

Définition du problème :

D’abord, nous remarquons que le problème se pose seulement pour le Qur’ân sous la forme de livre, et non pas pour les autres formes telles que les cassettes audio ou vidéo (fatwa de cheik Ibnou Baaz),le disque compact, le coran digital, le téléphone portable, l’écran d’ordinateur ou autre.

 

Ainsi, le problème se réduit au contact du doigt de la femme en période de menstrues avec le papier (Mushaf), et seulement avec le papier, et non pas au contact en tant que tel, puisqu’il est permis de toucher le Qur’ân sous une autre forme.

Discussion logique :

1-: A ce niveau là, on voit que le problème est louche dès le départ. En effet, le jugement ne devrait pas dépendre de la forme, puisque les lois coraniques ne sont attachées ni à la forme, ni au temps, autrement, elles devraient changer avec le temps, ce qui est contraire à l’universalité de l’islam. Et ceci est suffisant à lui seul pour montrer que ce jugement est sans base scientifique et qu’il s’oppose à un des principes de base les plus fondamentaux de l’Islam : à savoir qu’il est valide n’importe où, et n’importe quand.

Et comme de nos jours, on a tendance à utiliser de moins en moins le mushaf, mais plutôt Internet, les disques compacts, les machines électroniques ou les portables, parce que beaucoup plus souples et pratiques, et contiennent non seulement le texte avec la possibilité de recherche et l’explication, mais aussi sa récitation ; on voit que ce jugement est sans retombée pratique et par conséquent inutile. Et il suffit à la femme ayant ses menstrues – pour éviter de se confronter à ce jugement – de lire le Qur’ân sur un portable ou autre, ce qui est d’ailleurs de plus en plus fréquent de nos jours.

2-: le fait d’attacher le jugement seulement au contact, voudra dire automatiquement, qui il y a là transfert d’impureté matérielle par la femme, à travers son doigt,

lors du toucher, au mushaf. Mais ceci est complètement absurde, et en contradiction flagrante avec la hâdith du prophète  qui disait à Aicha (en état de menstrues), de lui passer la khomra (espèce de petit tapis pour la prière) de la mosquée ; et quand elle s’en est excusée, il lui expliqua que ses dernières ne sont pas dans ses

mains. Nos imminents savants, devant ce hadith, n’ont pas été assez loin, ils se sont contentés tout simplement de le falsifier, en disant qu’en fait ses menstrues ne sont

pas entre ses mains, car ça ne dépend pas de sa volonté. Mais cela ne peut pas marcher, puisque dans le hâdith lui-même, le Prophète  lui a dit qu’effectivement ses menstrues ne dépendent pas de sa volonté, et qu’elles ne sont pas dans ses mains, et

qu’elles sont par conséquent propres, ainsi elle peut rentrer à la mosquée lui chercher sa khomra, ou à la limite tendre sa main pour la prendre et la lui donner…

Et si c’était seulement cela ! Mais le plus grave, c’est que c’est exactement ce que pensent le juifs et les associateurs arabes de la femme en période de règles, et que nous devons, nous musulmans, les contrarier, comme il a dit le Prophète  :

Celui qui se ressemble à un groupe, il en fait partie.

En plus de cela, la conséquence immédiate de ce jugement, est que quiconque qui touche une femme pendant ses menstrues, doit refaire ses ablutions, ce qui est complètement absurde, et de là le jugement qui lui a donné naissance.

S’ajoute à cela le fait que les ablutions ne sont pas obligatoires pour les

quatre piliers de l’Islam, et on voit mal comment elles le seraient pour la lecture du Qur’ân, qui ne peut pas être comparée à eux, et n’excède pas le fait que la lecture du Qur’ân soit un culte singulier. En effet, chacun sait, que la chahada (= attestation de foi) n’a pas besoin d’ablutions, juste comme le Ramadan (= jeûne),la Zakât (=aumône), et le Hajj(= pèlerinage) – excepté le tawaf- ; mais c’est seulement la prière qui a besoin

d’ablutions.

En effet on a dans sahih mouslim (560) où Ibnou Abbas rapporte, qu’ils étaient chez le prophète  une fois, quant il revint des toilettes, et on lui

présenta un repas, et on lui a dît :

vous ne faites pas les ablutions, et il répondit pourquoi vais-je faire la prière

(pour que je sois obligé de les faire)

De l’autre côté, on sait que l’impureté matérialiste ne peut être transférée

par le toucher, que par l’élément contenant cette impureté, (dans notre cas

de figure, le doit touchant le coran). Et l’on sait par ailleurs, que la femme

qui a ses règles n’est pas pour autant impure, il est seulement interdit

d’avoir des rapports sexuels avec elle (légaux bien sûr).

 

3- le mushaf n’existait pas encore, lors de la révélation du coran, et lorsque le prophète (paix et salut sur lui) a dit les différents hadiths relatifs à son toucher. Et la preuve en est qu’il n’y a aucun texte, ni coranique, ni prophétique qui en parle. Et par conséquent, il est impossible qu’Allah interdise une chose qui n’existait même pas encore, au temps de la révélation.

En effet, ce n’est que vers la fin du premier quart de siècle que le calife Othman a crée le mushaf. Et il va de soi, qu’il y a eu confusion entre le coran, et le mushaf, dans tout ce qui a été avancé comme preuve de l’interdiction du toucher du mushaf.

Mais me dira t-on, là vous êtes en train de jouer sur les mots, coran ou mushaf c’est la même chose ! Et bien non, ce n’est pas la même chose, parce que si c’était la même chose, le jugement en question n’aurait plus de sens, car il stipule qu’il est interdit seulement de toucher le coran inscrit sur le papier, et non sur tout autre support. Et tout le monde est d’accord pour appeler coran, la parole d’Allah, qu’elle soit inscrite sur CD-ROM, ou sur cassette, ou sur tout autre support matériel.

 

4- L’on sait bien que le Qur’ân inscrit sur n’importe quel support, n’est pas la parole d’Allah  proprement dite, mais juste une transcription de cette dernière sur un support matériel, et ceci, ne serait-ce que parce-que la parole d’Allah n’est pas créée, alors que toutes les transcriptions sont créées par l’homme.

 

5- On sait que les gens qui touchent le Qur’ân ne le font que pour le lire, en général, chose d’ailleurs très recommandée par Allah , et ceci dans beaucoup de versets tel que le verset 33 de la Sourate 41 :

 

[33] Ô vous qui croyez ! Evoquez Allah d’une façon abondante. Par ailleurs, leur permettre sa lecture et non son toucher, est vraiment distordu.

 

Si au moins ces braves gens avaient interdit la lecture, ça aurait pu avoir un sens. Mais interdire le toucher et permettre la lecture ne peut relever que du domaine de l’anecdote. Ce qui montre bien cela, ce sont les femmes qui, pour tourner les pages du mushaf, doivent utiliser des baguettes, qui font penser aux baguettes magiques du magicien et qui donnent l’impression de manipuler quelque chose de mal propre, plutôt qu’une chose sacrée.

 

 

 

 

 

6- il est bien dit dans le Qur’ân que les bienfaits font disparaître les pêchés, (verset 11 de la Sourate 14 :

 

[11]… Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises.

 

Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent, et si le toucher était un pêché, comme veulent le prouver ces braves gens, alors la lecture d’une seule lettre vaut dix bons actes, comme l’a dit le Prophète  dans sunane Aththirmidhy (hassan sahih), et par conséquent, on a tout intérêt à toucher le mushaf et répondre à l’appel d’Allah , qui nous recommande de le lire souvent.

 

8- la religion est basée sur le principe de la simplicité, comme le dit Allah  dans le Qur’ân (au verset 2 de la Sourate 185: Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté…), et (verset 2 de la Sourate 286: Seigneur! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter,..), et par conséquent, Il ne peut pas nous demander de faire quelque chose de compliqué. Et il est certain que le fait d’obliger les gens à faire les ablutions avant de toucher le mushaf est très compliqué, voire impossible.

En effet, il est inconcevable de demander aux ouvriers qui travaillent dans les imprimeries du Qur’ân de garder leurs ablutions durant la journée.

Un autre cas de figure est celui du marchand de mushafs et du client qui veut l’acheter : ceux-ci qui doivent garder leurs ablutions pendant des temps assez longs.

Un troisième cas de figure est ceux qui mémorisent le Qur’ân dans les écoles coraniques et qui doivent être en contact perpétuel avec le mushaf.

 

9- le résultat direct de ce jugement est catastrophique sur le plan de la pratique. En effet, de par leur peur de toucher le mushaf sans ablution et de tomber dans le pêché, beaucoup de gens sortent le mushaf de leurs maisons, et l’emmènent à la mosquée pour qu’il soit lu, et non abandonné dans les rangées de la bibliothèque de la maison.

 

10- il faudrait qu’il soit interdit aux non adultes de toucher le mushaf puisqu’ils ne peuvent faire les ablutions, vu qu’ils ne peuvent pas encore avoir l’intention qui n’est valable que chez l’adulte.

En résumé, on voit clairement à partir de cette étude logique, qu’il est impossible qu’Allah ou Son prophète  puissent interdire une pareille chose qui n’existait même pas au temps de la révélation et qui ne comporte aucun mal, mais plutôt beaucoup de bien.

 

 

Discussion scientifique : Preuves du Qur’ân et du hâdith:

Du Qur’ân:

 

Allah  a dit dans le verset 56 de la Sourate 79:

[79] que seuls les purifiés touchent;

 

Voulant dire par là que seuls les purs peuvent toucher le Qur’ân et non les purifiés, de même qu’il n’est jamais fait allusion au mushaf.

La majorité des exégèses sont d’accord sur le fait qu’ici-bas les purs sont les anges car les humains ne sont pas des purs : ils se purifient quand ils perdent leur purification ; c’est pour cela que la traduction doit bien employer le mot purs, et non purifiés.

Il faut remarquer ici, que pour traduire le Qur’ân, la meilleure façon est de le faire tout d’abord par le Qur’ân, puis par la Sunnah, et ensuite par les dires des compagnons et ainsi de suite.

Mais en aucun cas laisser une explication coranique et aller chercher une autre, quelle qu’elle soit.

Or ici, on a justement une explication de ce verset par un autre verset, comme l’a dit l’imam Malik

L’explication de ce verset est dans la Sourate abassa :

 

)فِي صُحُفٍ مُكَرَّمَةٍ) (عبس:13)

)مَرْفُوعَةٍ مُطَهَّرَةٍ) (عبس:14)

)بِأَيْدِي سَفَرَةٍ) (عبس:15)

)كِرَامٍ بَرَرَةٍ) (عبس:16)

 

Il a dit aussi dans le verset :

 

)وَلَوْ نَزَّلْنَا عَلَيْكَ كِتَاباً فِي قِرْطَاسٍ فَلَمَسُوهُ بِأَيْدِيهِمْ لَقَالَ الَّذِينَ كَفَرُوا إِنْ هَذَا إِلَّا سِحْرٌ مُبِينٌ) (الأنعام:7) .

 

Et que si on faisait descendre sur toi un livre dans une couverture et qu’ils le touchent avec leurs mains, alors ils diront que c’est bien là une magie certaine.

Si vous vous concentrez bien sur ces deux versets, vous constateriez avec grande évidence, que dans le premier, on parle de livre caché, bien gardé, protégé, qui est bien sur chez Allah , dans les cieux, et on désigne ceux qui touchent par une qualité qui leur est propre, à savoir qu’ils sont toujours purs.

En effet, il y a une grande différence entre les mots Al mutahharoun- la qualité de pureté leur est propre- et Al mutatahhiroun- se purifient quand ils perdent cet état-, comme l’a dit Allah  dans le verset 2 de la Sourate 222:

 

)وَيَسْأَلونَكَ عَنِ الْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذىً فَاعْتَزِلُوا النِّسَاءَ فِي الْمَحِيضِ وَلا تَقْرَبُوهُنَّ حَتَّى يَطْهُرْنَ فَإِذَا تَطَهَّرْنَ فَأْتُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ أَمَرَكُمُ اللَّهُ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ التَّوَّابِينَ وَيُحِبُّ الْمُتَطَهِّرِينَ) (البقرة:222)

 

Allah aime ceux qui se repentissent, et ceux qui se purifient.

 

Ibn kayyim al jawziyyah a dit dans son exégèse qu’il y a dix raisons pour croire que ce sont des anges, et non des humains, qui sont désignés par le verset.

Tandis que le deuxième verset spécifie bien que même si les mécréants touchaient bien de leurs mains, le bouquin qui leur serait envoyé par Allah  contenant sa parole évidement, et bien ça ne les ferait pas croire.

 

A partir de la sunnah:

On a le hâdith de Mouslim où le Prophète  a réfuté celui qui a voulu faire ses ablutions avant de manger, et lui dît : pourquoi doit-je les faire ? Je ne vais pas faire la prière !

Ce qui veut dire que les ablutions sont obligatoires seulement pour la prière, et uniquement pour la prière. Et c’est bien cela qu’ont compris les compagnons puisqu’aucun d’entre eux n’a rien dit, alors qu’ils auraient bien pû lui dire que nous faisons bien les ablutions pour lire le Qur’ân, ou pour le contact sexuel, ou pour dormir, ou pour quoi que ce soit d’autre, et n’ont pas été allé inventer des raisons plus au moins mystiques, essayant par là d’être plus royalistes que le roi.

Il faut à ce stade souligner une chose très importante, c’est que le Prophète  ne retarde jamais l’explication mais est obligé de la faire en temps opportun.

Et là, on voit bien qu’il s’est contenté de dire ce qu’il a dit, et on doit donc se limiter à cela, et ne pas commencer à philosopher, comme le font la plupart de ceux qui se sont imposés comme étant les savants par excellence, et que seuls eux comprennent et interprètent l’islam, et les autres non, même s’ils interprètent à leur guise, et sans science.

                                                 

                                                       

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