Eazy Islam

pratique et pacifique, tel qu’il est … naturellement

Tawhid – l’Unicité – Tawheed

Au nom d’Allah le tout miséricordieux, le très miséricordieux

L’UNICITE :

Première partie : Signification et expressions

1- Signification littéraire :

Le mot unicité se prétend être la traduction du mot arabe « tawHiid », dont l’origine est le verbe « waHHada » qui veut dire réduire en un – waaHid (واحِد) - plusieurs éléments qui ont un trait commun. Par exempleque quand, partant de plusieurs choses identiques, ou jouant le même rôle, on en arrive à en faire seulement une, on dit dans ce cas là, qu’on a fait l’unification « TawHiid » de ces choses nombreuses, en ce sens qu’il n’y a plus qu’une et une seule qui est considérée comme telle, et que toutes les autres, sans exception, ne le sont plus.

Donc si on dit par exemple qu’on a fait le tawHiid des divinités, cela voudra dire que, partant de plusieurs divinités existantes, on en arrive à ne laisser  que seulement une, et une seule, alors que par contre, si on dit qu’on a fait le tawHiid d’Allah, cela voudra dire que, de toutes les divinités qui existent -  et Allah Seul sait combien il y en a – il n’en reste plus qu’une, à savoir Allah, qui est digne de ce nom, alors que toutes les autres ne sont plus considérées comme telles.

En somme, le tawHiid des divinités revient à ne considérer plus qu’une seule divinité comme vraie, alors que toutes les autres sont fausses.

 2- Signification terminologique :

Il faut remarquer, de prime à bord, que tout mot (arabe ou non) à deux sens : le sens linguistique (courant) et le sens terminologique :

-       le sens linguistique, qui est le sens de l’utilisation normale, comme par exemple quand vous dites : un élément d’un couple dans le langage courant, sans spécifier que vous parlez des mathématiques, cela fait penser soit à la femme soit au mari, puisque le sens général du mot ‘couple’ est bien celui du système composé de la femme et de son mari. Mais quand vous précisez qu’il s’agit bien des mathématiques, le même mot ‘couple’ n’a plus le même sens, puisqu’en ce moment, il aura le sens de l’un des deux éléments du couple mathématique cette fois, qui peut être un couple de nombres par exemple,

-       le sens terminologique, est le sens donné spécialement à un mot dans un cadre bien spécifique, de telle sorte à ce qu’il ne garde plus le sens courant, mais un sens particulier, tel que le mot ‘couple’ en mathématiques dans l’exemple précédent.

Le sens terminologique du mot unicité ou tawHiid, (on utilisera dorénavant l’un ou l’autre des deux mots sans aucune distinction), est le fait de reconnaître qu’Allah est la seule divinité qui est digne de ce nom, alors que toutes les autres, et sans exception, ne le sont pas.

3- Expression de l’unicité :

La formulation classique de cette expression est : لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ
LA ILLAHA ILLA LLAH, comme c’est dit dans le verset 35 de sourate Assaffaate :

Quand on leur disait: « Point de divinité vraie à part Allah« , ils se gonflaient d’orgueil,

إِنَّهُمْ كَانُوا إِذَا قِيلَ لَهُمْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَسْتَكْبِرُونَ

Cette expression si simple à répéter – quoi qu’il n’est pas besoin de la redire en arabe – et assez contractée, se compose de deux parties :
LA ILAAHA (
لَا إِلَهَ) et ILLA LLAH (إِلَّا اللَّهُ)

Première partie :
LA ILAAHA :
qui se compose à son tour de deux mots :

‘LA’, qui a plutôt ici le sens d’ « il n’y a aucun » et non pas le sens de la négation simple ‘non’, puisque ‘LA’ prend, en langue arabe quatre sens différents suivant la forme grammaticale de la phrase.

ILAAHA : est ici le mot ‘ILAH’ qui a pris obligatoirement la fatHa, correspondant au (A) qui vient sur sa dernière lettre qui est ici le ‘H’, du fait de l’action du ‘LA’ sur lui.

La compréhension exacte de cette expression repose sur deux choses : la première consiste à bien comprendre le sens du mot ILAH, et la seconde est rattachée à la structure grammaticale de la phrase. Alors que le sens du mot ILAAH veut dire que c’est celui que les cœurs adorent avec amour et crainte, la phrase
LA ILAAHA prend par conséquent le sens de : « il n’y a aucune divinité qui peut être aussi adorée avec amour et crainte », en ce sens  que c’est une négation totale, complète et exclusive qui stipule qu’il n’y a qu’un et un seul ILAAH, et en aucun cas il ne pourrait y avoir deux. Le ‘LA’ ici est celui qui agit comme ‘INNA’,
إِنَّ, ou ce qu’on appelle celui de la négation du genre (annafiyah lil jinss).

Pour bien consolider ce concept, prenons un exemple de la langue courante et supposons qu’on veuille exprimer le fait qu’il n’y a aucun homme à l’intérieur de la maison, en réponse à la question : y a t-il un homme à l’intérieur de la maison ? l’expression arabe serait alors :LA RAJOLA FI DDARI avec la fatHa sur le mot RAJOL qui veut dire un homme en langue arabe, alors que FI DDARI veut dire : dans la maison. Mais si on dit :
LA RAJOLONE MARIIDANE FI DDARI, avec le dédoublement de
la Dammah sur le mot RAJOL, cela voudrait dire qu’il n’y a pas un homme dans la maison, mais qu’il peut y en avoir deux ou plusieurs par exemple. Car cette formulation n’est pas exclusive, c’est-à-dire que ça confirme qu’il n’y a pas un homme dans la maison, mais elle n’exclue pas le fait qu’il y en ai deux ou trois, c’est comme si cette expression voulait dire que tous les hommes qui sont dans la maison constituent des groupes de deux ou de trois, et qu’il ne se trouve pas un seul homme isolé. Elle est appelée ‘LA’ de la négation de l’isolement ou de l’unicité (nafyo lwaHdah). Dans ce cas de figure, ‘LA’ agit comme LAYSSA (لَيْسَ)
, qui met
la Dammah sur le premier mot sur lequel elle agit, ici RAJOLONE, et qui est appelé son nom (ismoha), tandis quelle met la fatHa sur le second MARIIDANE qui est considéré comme son complément (khabaroha).

Il faut dire que les deux autres formes de LA’ touchent le verbe ‘MoDaari’, et qui signifient :

-       Soit l’ordre de ne pas faire quelque chose, et ceci est caractérisé par le fait que le verbe doit être majzoum, comme c’est dis dans sourate Al Qassas verset 76 où Allah dit:

-       Son peuple lui dit: « Ne te réjouis point. Car Allah n’aime pas les arrogants.

إِذْ قَالَ لَهُ قَوْمُهُ لَا تَفْرَحْ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْفَرِحِينَ

où les deux mots colorés ‘LA tafraH’, veulent dire : non pour LA, et être heureux pour tafraH, ce qui a le sens de donner l’ordre de ne pas être heureux, lequel sens de l’ordre est ici représenté par le mot ‘LA’ suivie du verbe majzoum ; c’est en fait comme si tu disais : ne soit pas heureux. Sur cette forme de phrase on voit que le verbe fariHa a reçu le soukoune à sa fin qui est bien un signe de jazm, qui est aussi signe de l’interdiction (nahye). ‘LA’ est bien appelée dans ca cas ‘LA nnahiyya’, c’est-à-dire qui ordonne l’interdiction d’un acte, et dans ca cas là, il faut que bien repréciser que le verbe soit MoDari’, c’est-à-dire qui signifie le présent ou le futur.

-       Soit la négation de quelque chose (nafye), qui dans ce cas doit laisser le verbe ’MoDari marfou’ avec sa Dammah, c’est-à-dire sans action sur lui. C’est ainsi que dans le verset 79 de sourate Al Waqi’ah, Allah dit :

-       que seuls les purifies (anges) touchent

-        لَّا يَمَسُّهُ إِلَّا الْمُطَهَّرُونَ

-       ‘la yamassoho’ où le verbe ‘yamasso’ a gardé sa Dammah sur sa dernière lettre ‘s, سُّ’, alors que le ‘ho, ـهُ’ est un pronom attaché. Le sens de LA ici est celui de la négation du toucher, ce qui veut dire que jamais il n’est touché par autre que les anges. On peut aussi donner l’exemple du verset 13 de sourate Al A’laa :

où il ne mourra ni ne vivra. 

ثُمَّ لَا يَمُوتُ فِيهَا وَلَا يَحْيَى

-       où les mots soulignés qui se lisent LA pour le premier et YAMOUTO pour le second qui est le verbe Modaari’ sur lequel a agit la négation induite par LA (nafye), mais sans changer la voyelle Dammah qu’il porte sur sa dernière lettre ت.

En conclusion, la forme grammaticale :
LA ILAAHA signifie qu’on a besoin de supposer un complément à cette phrase, qui a été omis ici et qui est : HAQQONE, qui veut dire : soit ‘digne de ce nom’, soit ‘vrai’, soit ‘véridique’, de telle sorte que la traduction exacte de la phrase
LA ILAAHA est : il n’y a aucune divinité qui mérite d’être adorée avec amour et crainte.

A ce niveau là, on n’a pas fait plus que d’éliminer toutes les fausses divinités et attesté qu’il n’y a en fait qu’une seule, non spécifiée jusqu’alors, ce qui va être le rôle de la seconde partie qui est : ILLA LLAH.

Seconde partie : ILLA LLAH :

Elle est aussi composée de deux mots simples : ILLA, qui veut dire sauf, et ALLAH qui est le nom propre de la divinité qu’on veut spécifier.

En somme l’expression de l’unicité se traduit donc par : il n’y a de divinité vraie, et qui mérite d’être adorée avec amour et crainte, sauf Allah.

Il faut remarquer ici un certain nombre de choses :

-       Qu’il faut commencer par faire table rase et méconnaitre toutes les divinités (nafye), comme c’est dit dans le verset 256 de sourate Al Baqarah :

فَمَنْ يَكْفُرْ بِالطَّاغُوتِ وَيُؤْمِن بِاللّهِ

Donc, quiconque nie le Taghout (fausse divinité) tandis qu’il croit en Allah… qui signifie qu’il faut commencer par nier toutes les formes de Taghoute qui est synonyme de fausses divinités, avant de croire en une seule qui est Allah. 

-       Qu’il faut reconnaître seulement l’existence d’une et d’une seule, qui est non seulement est la seule qui soit vraie et que toutes les autres sont fausses (ithbaat : affirmation), mais que c’est elle la seule qui mérite d’être adorée avec amour et crainte, et qui doit l’être en réalité. De ce fait, si on se limite à attester que c’est la seule qui doit l’être alors qu’on ne l’adore pas, et bien ceci n’est pas suffisant pour rentrer en islam, quoique que ce n’est pas comme celui qui la nie complètement (on reviendra sur des questions similaires après).

-        Qu’il faut l’appeler par son nom Allah, et non pas lui octroyer un autre : tel que Dieu par exemple, parce que dieu ce n’est pas un nom propre, par contre Jésus, Krishna, Jéhovah, etc. sont des noms propres qui désignent des fausses divinités pour le musulman, alors qu’elles considérés comme des vrais dieux chez les gens qui y croient.

 Autres énoncés de l’expression de l’unicité :

Parmi les autres énoncés qui se trouvent dans la littérature on trouve, des expressions différentes mais qui restent valables, puisqu’elles préservent le sens, alors qu’on trouve beaucoup d’autres qui sont complètement fausses, puisqu’elles changent complètement le sens de l’unicité, voire l’inverser.

Enoncés similaires :

1-              Il n’y a d’autre divinité digne d’être adorée si ce n’est Allah.

2-              Il n’y a personne qui mérite d’être adoré sauf Allah

S’il est vrai que ces formes ne précisent pas la façon dont Allah doit être adorée, mais c’est suffisant pour unifier Allah dans son adoration, ce qui est le but de l’unicité, laquelle adoration doit être obligatoirement avec amour et crainte. On verra par la suite que cette adoration doit impliquer les autres formes d’unicité de façon impérative.

Enoncés erronés :

1-             Il n’y a de Dieu que Dieu.

2-             Il n’y a de dieux qu’Allah.

3-             Pas de divinité vraie à part Lui.

Dans ces trois formulations, il n’est pas précisé que c’est Allah qui doit être le seul à être adoré, et elles laissent insinuer que les autres le peuvent aussi, alors qu’il suffit de leur ajouter l’expression : ‘qui mérite d’être adoré’ pour assurer que l’adoration ne soit allouée à personne qu’à Allah.

Dans ces expressions, l’erreur vient de la traduction mot à mot qui a été certainement appliquée par des gens qui ne connaissent pas la langue arabe comme il faut, et surtout qui ne connaissent pas les règles grammaticales qui la gèrent. En effet le ‘LA’ utilisé ici agit obligatoirement sur deux noms, à savoir le premier qui appelé le nom de ‘LA’ (ismoha) qui est ici ILAAHA et le second, caché ici, qui est son complément (khabaroha). Le sens de la phrase ne peut être compris que si vous considérez ce dernier. Ce complément sera celui qui correspondra bien au contexte de la phrase, et le mot HAQQONE (vrai) est bien celui qui marche ici.

Conclusion : En guise de conclusion, on peut dire qu’il est plus prudent de se limiter à la formulation : il n’y a de divinité vraie qu’Allah, et délaisser toutes les autres, au risque d’être induit en erreur par ces dernières. Il faut ajouter aussi que pour bien comprendre le tawHiid, il ne reste plus que de bien définir le sens du mot Allah, ce qui sera l’objet de la deuxième partie.

Ecrit par Abou Haamed Al Idrissi à
la Mecque, le 18 Jumadah Al Aakhirah 1429 H, correspondant au 22 juin 2008 G
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Au nom d’Allah le tout miséricordieux, le très miséricordieux

 

L’UNICITE :

 

Deuxième partie : Signification du mot Allah, types d’unicité.

 

On a vu dans la première partie la signification de l’unicité, sans pour autant donner d’explication au mot Allah, qui est le nom propre de la divinité à adorer. Il va sans dire que ce nom propre doit être bien cerné, pour éviter des confusions à ce niveau. En effet si quelqu’un définit mal cette divinité et passe sa vie à adorer une fausse, cela n’aurait aucun mérite envers Allah le jour du jugement, puisqu’il aura adoré autre chose que Lui. Il faut donc bien définir cette divinité, et pour ce faire, il n’y a pas mieux que d’écouter Allah parler de Lui-même, car c’est le Seul qui peut se définir à nous, et écouter Son prophète aussi nous compléter ou éclaircir cette définition.

 

Présentation d’Allah par Soi-même :

 

Dans son livre saint, Allah a beaucoup parlé de Lui, afin de se présenter à nous de façon très claire et nette. En effet dans la FatiHa, qui est l’équivalent de la préface du livre saint, Allah cite un certain nombre de noms et attributs qui lui sont propres, tels que :

Seigneur de l’univers, Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Maître du Jour de la rétribution, etc. qui le définissent à nous ; de même qu’on trouve beaucoup d’autres, tout au long des différentes sourates. On peut citer par exemple le verset de la chaise (verset 255) dans Al Baqarah, qui est considéré – par ailleurs – comme étant le meilleur verset de tout le coran :

اللّهُ لاَ إِلَهَ إِلاَّ هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ لاَ تَأْخُذُهُ سِنَةٌ وَلاَ نَوْمٌ لَّهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ مَن ذَا الَّذِي يَشْفَعُ عِنْدَهُ إِلاَّ بِإِذْنِهِ يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْ وَلاَ يُحِيطُونَ بِشَيْءٍ مِّنْ عِلْمِهِ إِلاَّ بِمَا شَاء وَسِعَ كُرْسِيُّهُ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَ وَلاَ يَؤُودُهُ حِفْظُهُمَا وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُ,

 Allah ! Point de divinité vraie à part Lui, Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même « Al-Qayyum« . Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A Lui Seul appartient tout ce qui est dans les cieux et la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leurs (les gens et djinns) passés et leurs futurs. Et, de Sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. La place où Il met Ses Pieds « Koursiye » englobe les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est Le Très Haut, Le Très Glorieux..  

 

le 2ème verset d’Ali ‘Imrane :

 اللّهُ لا إِلَهَ إِلاَّ هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ،

Allah ! Pas de divinité vraie à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même « Al-Qayyum ».

les versets 23 et 24 de sourate Al Hachr :

هُوَ اللَّهُ الَّذِي لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْمَلِكُ الْقُدُّوسُ السَّلَامُ الْمُؤْمِنُ الْمُهَيْمِنُ الْعَزِيزُ الْجَبَّارُ الْمُتَكَبِّرُ سُبْحَانَ اللَّهِ عَمَّا يُشْرِكُونَ.

هُوَ اللَّهُ الْخَالِقُ الْبَارِئُ الْمُصَوِّرُ لَهُ الْأَسْمَاء الْحُسْنَى يُسَبِّحُ لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ،

C’est Lui, Allah. Nulle divinité vraie autre que Lui; Le Souverain, Le Très-Saint (Al Qudduss), L’Apaisant (Le Serein), Le Rassurant (Le Croyable), le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L’Orgueilleux. Gloire à Dieu ! Il s’acquitte de tous ce que les associateurs Lui associent.

C’est Lui Allah, le Créateur, Celui qui crée sans modèle, le Formateur. A Lui les plus beaux noms. Tout ce qui est dans les cieux et la terre l’acquitte de toute faiblesse, diminution, et infériorité. Et c’est Lui le Puissant, le Sage

 

et sourate Al Ikhlas en entier :

 قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَد،ٌ اللَّهُ الصَّمَد،ُ لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ، وَلَمْ يَكُن لَّهُ كُفُوًا أَحَدٌ.

Dis: Il est Allah, Unique.

Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.

Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus.

Et nul n’est égal à Lui.

On a donné ces quelques versets à titre indicatif, mais en réalité le Coran regorge de noms et attributs d’Allah, puisque le but principal de sa révélation, de même que tous les livres saints, est de faire connaître Allah à ses serviteurs, afin qu’ils l’adorent sans association. Et on verra bien tout au long de cette série, que l’égarement des différents groupes est bel et bien dû à la mauvaise connaissance d’Allah.  Ceci va nous obliger à bien se concentrer sur ce point, afin de bien l’assimiler, et surtout d’éviter de s’égarer là dessus.

Evidement, ces noms et attributs lui sont propres, et il n’y a pas question de Lui associer qui que ce soit.

Si on regarde bien, on peut classer ces derniers dans trois parties importantes :

 

Première partie : noms et attributs relatifs à Lui envers nous, tels que :

Miséricordieux (الرَّحِيمُ),

le Très Miséricordieux (الرَّحْمَنُ),

Seigneur de l’univers رَبِّ الْعَالَمِينَ) (,

Le Créateur (الْخَالِقُ),

Celui qui crée sans modèle (الْبَارِئُ)

Le formateur (الْمُصَوِّرُ), etc.

 

Seconde partie : noms et attributs relatifs à nous envers lui, tels que ceux cités dans les versets 5 et 6 de la fatiHa:

إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ،  

C’est Toi (Seul) que nous adorons, et c’est Toi (Seul) dont nous implorons secours.

اهدِنَا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ،

Guide-nous dans le droit chemin,

et le verset 286 de sourate Al Baqarah :

  رَبَّنَا لاَ تُؤَاخِذْنَا إِن نَّسِينَا أَوْ أَخْطَأْنَا رَبَّنَا وَلاَ تَحْمِلْ عَلَيْنَا إِصْرًا كَمَا حَمَلْتَهُ عَلَى الَّذِينَ مِن قَبْلِنَا رَبَّنَا وَلاَ تُحَمِّلْنَا مَا لاَ طَاقَةَ لَنَا بِهِ وَاعْفُ عَنَّا وَاغْفِرْ لَنَا وَارْحَمْنَآ أَنتَ مَوْلاَنَا فَانصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِين.

Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d’un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles.

où l’on demande à Allah différentes choses, liées chacune à un nom spécifique. Par exemple, lorsqu’on Lui demande de nous aider, on fait appel à un nom qui est Al Mo’iine (المُعِينُ), c’est-à-dire celui qui aide et quand on lui demande de nous pardonner, on fait appel au non Al Ghaffar (celui qui pardonne) et ainsi de suite.

Troisième partie : noms et attributs relatifs à la divinité, et qui :

         * – soit décrivent ses actes, tels que :

 :89/13وَجَاء رَبُّكَ وَالْمَلَكُ صَفًّا صَفًّا 

 89/22 : et que ton Seigneur viendra ainsi que les Anges, rang par rang,

 :89/13فَصَبَّ عَلَيْهِمْ رَبُّكَ سَوْطَ عَذَابٍ 

89/13 : Donc, ton Seigneur déversa sur eux un fouet du châtiment.  

 :4/164 وَكَلَّمَ اللَّهُ مُوسَى تَكْلِيمًا 

4/164 : et Allah a parlé à Moïse de vive voix, etc….

        * – soit Le décrivent en tant que divinité, tels que :

7/54 : ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ 

7/54 : puis S’est établi « ‘istawâ » sur le Trône.

الْحَيُّ،

Le Vivant,

 الْقَيُّومُ،

Celui qui se tient par Lui-même (Al Qayyoum)

 لاَ تَأْخُذُهُ سِنَةٌ وَلاَ نَوْمٌ،

Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent, et ainsi de suite tels que :

 الْعَلِيُّ، الْعَظِيمُ, الْمَلِكُ، الْقُدُّوسُ، السَّلَامُ، الْمُؤْمِنُ، الْمُهَيْمِنُ، الْعَزِيزُ، الْجَبَّارُ، الْمُتَكَبِّرُ، لَهُ الْأَسْمَاء الْحُسْنَى، الْعَزِيزُ، الْحَكِيمُ، أَحَدٌ, الصَّمَدُ، لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ, وَلَمْ يَكُن لَّهُ كُفُوًا أَحَدٌ، لَّهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِِ، وَسِعَ كُرْسِيُّهُ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضَetc….

 

Différents types de tawHiid :

 

  • 1- TawHiid Arroboubiyah: unicité de la maitrise:

On voit de part ces exemples, qui en fait découlent d’une étude exhaustive de tous Ses noms et attributs, qu’il y a en fait trois groupes de noms et attributs qui appartiennent à Allah Seul, auxquels on doit y croire sans aucune espèce d’association. Autrement dit on doit l’unifier dans chaque groupe à part, c’est-à-dire qu’on doit n’accorder ces différents groupes de noms et attributs à aucun si ce n’est Allah. Ceci revient à dire qu’on a unifier Allah en Ses noms et propres qui se rattachent à ce qu’Il fait pour nous, c’est à dire à sa Maitrise, puisqu’Il est en fait le Maître Absolu de tous les univers. Ce tawHiid est appelé unicité de la maitrise ou tawHiid Arroboubiyah. Il consiste à croire qu’Allah est Le Seul Créateur, est le Seul protecteur, est Le Seul Qui nous donne à manger, etc…., bref est Le Seul qui nous donne tout ce dont on a besoin pour vivre.

Il faut remarquer qu’il s’agit bien de l’unicité ici, encore une fois de plus, puisqu‘en fait il s’agit bien de réduire ce qui est octroyé à tord à plusieurs de divinités à une seule. Par exemple les créateurs, il y en a beaucoup (selon les polythéistes), mais en réalité il n’y a qu’un qui soit vrai, on dira donc qu’on a fait le tawHiid du créateur, et ainsi de suite. Et quand on fait le tawHiid d’un groupe complet de noms et attributs ayant attrait à la maitrise par exemple, on dira tout simplement qu’on a fait le tawHiid de la maitrise, et il en est de même pour les deux autres groupes.

 

  • 2- TawHiid Al Asmaa wa Ssifaate: unicité des noms et attributs:

 

Parmi les noms et attributs d’Allah, on a constaté qu’il y a un groupe qui est relatif aux noms qui décrivent Ses actes (sifaate Al Af’aal), et un groupe qui a attrait à Ses qualités en tant que divinité (sifaate ADhdhaate) et tous les deux décrivent Allah en tant que tel et parlent de ses actes sans pour autant parler de ce qui est relatif à nous comme dans le premier groupe, ni de ce qui est relatif à Lui de notre part comme dans le troisième groupe. On parlera dans ce cas de figure de ces noms et attributs tout court. En effet lorsqu’on considère le nom Le Vivant, on voit que c’est un nom qui caractérise le fait qu’Allah détient tous les sens les plus complets de la vie,  qui est propre à Lui et ne fait pas plus que Le décrire pour nous, sans qu’il ait attrait ni à ce qu’Il fait pour nous, ni à ce qu’on fait pour Lui. On peut dire la même chose pour tous les noms et attributs du deuxième groupe. Ce sont tout simplement les noms et attributs qui Le décrivent à nous, auxquels on doit y croire sans association, on dira dans ce cas là aussi qu’on a fait l’unicité des noms et attributs d’Allah, c’est le tawHiid Al Asmaa Wa Ssifaate.

 

  • 3. TawHiid Al Olouhiyyah: unicité de l’adoration:

 

Le troisième groupe des noms et attributs lui, a plutôt attrait à tout ce que nous faisons envers Allah, tels que l’imploration, la prière, le sacrifice, bref tout ce que nous faisons envers Lui, que ce soit par des actes corporels, ou par des croyances qui sont considérés comme actes du cœur. Par exemple lorsque vous dites que vous n’implorez rien qu’Allah, vous faites  l’unicité de l’imploration, et lorsque vous dites je ne fait de sacrifice que pour Allah, vous faites l’unicité du sacrifice, et ainsi de suite, de telle sorte que l’unicité de tous les actes d’adoration, que ça soit par les organes ou par le cœur, rentrera sous l’unicité d’adoration, ou tawHiid Al ‘Oboudiyyah, ou tawHiid Al Olouhiyyah ou Al Ilahiyyah, puisque l’adoration est réservée seulement au ilah (divinité). En effet le verset إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ   qui signifie :

C’est Toi (Seul) que nous adorons, et c’est Toi (Seul) dont nous implorons secours.

montre bien cette unicité, puisque le fait que le mot إِيَّاكَ a précédé le verbe نَعْبُدُ veut dire en arabe que l’action est limitée seulement au mot إِيَّاكَ qui l’a précédé et qui fait allusion à Allah. Ceci est compris par l’inversion de l’ordre du sujet et du verbe, alors que pour la français, il faut bien exprimer texto le fait que c’est Allah Seul qui est visé par l’expression Seul, que le traducteur a mis entre parenthèses pour dire qu’elle est insinuée et non explicitée. Ceci montre encore bien une fois que celui qui veut traduire le Coran, doit bien comprendre la langue arabe, et la maitriser.

 

Question qui s’impose :

 

Maintenant que nous avons organisé les différents noms et attributs en trois groupes, ce qui a induit trois types d’unicité, on se trouve devant la question suivante qui s’impose à nous de façon naturelle : quel type d’unicité a apporté le prophète de plus aux arabes ? Autrement dit, les arabes unifiaient-ils Allah ? Et si oui, lequel des trois unifications leurs faisait défaut ?

Les versets qui prouvent que les arabes sont des nieurs abondent dans le Coran, mais on trouve aussi des versets qui montrent qu’ils unifient Allah tout de même. En effet dans le verset :

54/9 : Et si tu leur demandes : « Qui a créé les cieux et la terre ? » Ils diront très certainement : « Le Puissant, l’Omniscient les a créés ».

et dans le verset :

54/87 : Et si tu leur demandes qui les a créés, ils diront très certainement : « Allah ». Comment se fait-il donc qu’ils se détournent ?

et il en est de même dans beaucoup d’autres versets similaires.

Il est évident, de par ces versets là, que les arabes unifiaient Allah dans sa Maitrise. Mais cela est-il suffisant pour ne pas être un associateur ? Et bien, voyons voir au niveau du deuxième type d’unicité, quelle a été leur attitude, avant de se déclarer sue ça.  En effet le verset

13/30: وَهُمْ يَكْفُرُونَ بِالرَّحْمَنِ قُلْ هُوَ رَبِّي لا إِلَهَ إِلا هُوَ

13/30 : cependant qu’ils ne croient pas au Tout Miséricordieux. Dis : « C’est Lui mon Seigneur.

stipule bien qu’ils ne croyaient pas du moins à tous les noms d’Allah, tel que الرَّحْمَنِ, qui est Le Tout Miséricordieux. Mais le verset

7/180: وَلِلَّهِ الأَسْمَاءُ الْحُسْنَى فَادْعُوهُ بِهَا وَذَرُوا الَّذِينَ يُلْحِدُونَ فِي أَسْمَائِهِ سَيُجْزَوْنَ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ

7/180 : C’est à Allah qu’appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses noms : ils seront rétribués pour ce qu’ils ont fait.

montre bien qu’il ne s’agit pas seulement d’un seul nom, qui aurait suffit à lui seul pour en faire des associateurs, alors que la réalité est qu’ils sont vraiment des associateurs par excellence.

En résumé, on voit déjà à ce niveau là, que le fait de faire l’unicité de la maitrise seul, n’est suffisant pour être un unificateur (mowaHHid), et que pour l’être il faut bien faire les trois unicités.

 

En conclusion, l’unicité peut bien être divisée en trois parties, pour bien faciliter sa compréhension, et surtout pour bien séparer les vrais unificateurs des faux, car en effet, on trouve beaucoup de groupes égarés qui considèrent que l’unification est limitée seulement à celle de la maitrise, alors qu’on a vu que ceux qui ne croiraient pas à Ses noms seront rétribués pour ça, comme c’est indiqué par le verset précédent. Néanmoins, il y en a qui l’ont divisé seulement en deux parties : la première partie est relative à l’affirmation et la connaissance, qui en fait n’est pas autre chose que de connaître Allah par ces noms (science : ma’rifah) et lui octroyer tous les noms de maitrise (affirmation : ithbaat), ce qui équivaudrait aux deux premiers types d’unicité dans le premier partage en trois unicités. Quant à la deuxième partie, elle consiste à l’unicité dans la demande (aTTalab) et du but (Al Qasd), en ce sens que vous ne demandez rien sauf à Allah, et vous ne vous dirigez qu’à Lui, ce qui correspond à l’unicité de l’adoration.

Quoiqu’il en soit, l’essentiel c’est le sens et non pas la formulation, et qu’il faut croire à ce qu’Allah est bien l’unique dans tout ce qu’il fait pour nous, et unique pour tout ce qu’on fait pour lui, et qu’il a tous les superlatifs absolus de bonté, de beauté, de puissance, de la science, etc. Autrement dit : il faut croire que c’est Lui Seul qui crée, qui donne, qui enlève, qui fait tomber la pluie, etc., bref tout, et que nous devons faire tout pour Lui et rien que pour Lui, par exemple de ne se prosterner qu’à Lui, de ne demander de l’aide qu’à Lui, de n’avoir peur que de Lui, bref tous nos actes faits, dis ou pensés doivent être pour Lui et pour Lui Seul. Il faut aussi croire qu’il a les noms les plus superlatifs dans l’absolu, et L’acquitter de tout ce qui est faiblesse ou diminution.

On verra dans la troisième partie comment il faut croire en ses choses là de façon détaillée.

 

 

Ecrit par Abou Haamed Al Idrissi à la Mecque, le 26 Jumadah Al Aakhirah 1429 H, correspondant au 30 juin 2008 G.

 

 

 

 

 

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